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Le Trait d’Union – Dimanche 29 juin 2025

Robert MOISY
Qu’est-ce que le pardon ?
Que signifie-t-il ?

Comment pardonner à celui qui nous a fait du mal ?

Le pardon, dans l’enseignement chrétien, est un acte d’amour qui se vit dans la grâce
infinie de Dieu.
En effet, Dieu a envoyé son propre fils Jésus, pour nous sauver et nous libérer du
péché. Il montre ainsi, par sa grâce et son amour infini pour l’humanité, que tout
pécheur est susceptible d’être pardonné.
Combien de fois pouvons-nous pardonner ?
Dans Matthieu 18 :22 Jésus répond à Paul soixante-dix fois sept fois, c’est donc
établir l’acte du pardon comme quelque chose de divin et d’infini.
Dieu nous accueille et nous aime inconditionnellement : nous devons faire de même,
entre nous. Nous devons accepter l’autre dans tout ce qu’il est, dans ce qu’il fait de
bien mais aussi dans ce qu’il fait de mal. Là réside tout le sens de l’amour et du
pardon
Le pardon peut ainsi être considéré comme un chemin qui nous ramène dans la
relation à Dieu et à l’autre. Le donner ou l’obtenir suppose un élan d’amour, une
reconnaissance avec humilité de son humanité dans toutes ses dimensions, et recèle
d’un certain pouvoir de réparation d’une relation qui a été brisée.
Le pardon, qui se vit dans l’Église par le sacrement de la réconciliation, est donc
une invitation à communier de nouveau avec Dieu et avec nos frères.
Quels sont les 3 types de pardon selon la Bible ?
Offense, repentance, réconciliation : le chemin du pardon est exigeant mais tellement
libérateur qu’il vaut la peine d’être emprunté, non pas seul mais avec celui qui le
premier nous a pardonnés ! Alors oui, pardonnons-nous les uns aux autres, comme
Dieu nous a pardonnés en Christ.
Comment les chrétiens font-ils preuve de pardon ?
La Bible dans 1 Corinthiens 13 :5, enseigne que l’amour désintéressé est le
fondement du véritable pardon, car « il ne garde pas trace des torts »
Pardonner aux autres signifie renoncer au ressentiment et renoncer à toute
demande de compensation pour la blessure ou la perte subie.
Qu’est-ce qui fait obstacle au pardon ?
Si vous vous attardez sur des événements ou des situations blessantes, des rancunes,
empreintes de ressentiment et d’hostilité, peuvent s’installer. Si vous laissez les
émotions négatives prendre le pas sur les émotions positives, vous risquez de vous
laisser submerger par l’amertume ou un sentiment d’injustice. Certaines personnes
sont naturellement plus indulgentes que d’autres.
Il ne doit pas y avoir de limites, de nombre ou autre, au-delà desquelles nous ne
devons plus pardonner aux autres.

Est-ce que pardonner signifie oublier ?
Pardonner, ce n’est pas forcément oublier, ce n’est pas admettre une défaite, c’est
même le contraire, c’est gagner… gagner sur sa rancœur, gagner sur la peine, gagner
sur le ressentiment, gagner sur la haine, gagner sur la colère, gagner sur la
vengeance, gagner sur le combat, celui qui ne mène à rien…
Pourquoi Dieu pardonne-t-il tout ?
Parce que Dieu est saint et il est parfait. Notre nature pécheresse et faillible rend
nécessaire le souvenir de nos fautes pardonnées, tout comme des blessures que nous
avons subies, même si nous les avons pardonnées ; pourquoi ? Afin de ne pas
retomber dans les mêmes travers et afin de devenir meilleurs.
Pourquoi devons-nous pardonner les uns les autres ?
Afin de recevoir le pardon de nos péchés, nous devons pardonner aux autres.
Pardonner aux autres nous permet de surmonter la colère, l’amertume ou le désir de
vengeance. Le pardon peut guérir des blessures spirituelles et apporter la paix et
l’amour que seul Dieu peut donner.
Quelle est la puissance du pardon ?
Le pardon permet au cœur de guérir, d’être en paix et de se rapprocher de Dieu, qui
nous a pardonnés de manière incommensurable. Comme Jésus nous l’enseigne dans
Matthieu 6 :15, “Si vous ne pardonnez pas aux autres, votre Père céleste ne vous
pardonnera pas non plus.”.
Retour d’expérience :
Il s’est excusé, mais ça fait au moins dix fois qu’il le fait ! Je ne sais plus quoi faire. On
me dit qu’en tant que chrétien, mon devoir est de pardonner, et Dieu sait que j’ai
essayé. Mais à chaque fois que je lui pardonne, le changement est de courte durée
avant qu’il ne se remette à faire la même chose. J’ai l’impression que je ne m’y prends
pas de la bonne façon. Il n’y a jamais de vrai changement chez lui, et de mon côté je
suis de plus en plus en colère.
Que devrais-je faire ?
Vous retrouvez-vous dans ce témoignage ?
Je rencontre souvent des personnes qui essayent de pardonner à quelqu’un qui les a
blessés à maintes reprises.
Ils savent que pardonner est leur devoir en tant que chrétien, mais ils ont
souvent l’impression que l’on abuse ou qu’on tire profit d’eux. Ils ont aussi le
sentiment troublant qu’en agissant ainsi ils autorisent le comportement égoïste
de celui à qui ils essayent de pardonner
.
Est-ce cela que le pardon exige ?
Est-il possible de pardonner à quelqu’un et refuser la réconciliation ? Nous devrions
apprendre la différence entre ces deux choses. Dieu nous demande toujours de
pardonner, mais le pardon ne mène pas toujours à la réconciliation.

Même si ce n’était pas vous qui avez déclenché la dispute, votre manque de
compréhension ou de patience, vos paroles irréfléchies, ou votre réponse dépourvue
d’amour ont pu aggraver la situation. Quand cela arrive, il est facile de faire comme si
le péché de l’autre annulait le vôtre, ce qui vous laisse avec une attitude moralisatrice
qui peut retarder le pardon (c’est-à-dire, le pardon relationnel). Le meilleur moyen de
surmonter cette tendance est d’examiner dans la prière votre rôle dans le conflit et de
noter tout ce que vous avez fait (ou ce que vous n’avez pas fait) qui aurait pu y
contribuer.
Dans Luc 6 :28 il est écrit pour l’amour de ses ennemis « Bénissez ceux qui vous
maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent »
Priez pour celui qui vous a blessé.
Prier pour quelqu’un peut faire évoluer notre attitude envers lui de manière incroyable.
Soyez attentif aux manigances de Satan.
Dans Ephésiens 4 :27, Paul nous avertit du danger de laisser une place au diable
dans notre vie. De plus, cet avertissement nous est donné dans le contexte d’une
colère non contrôlée.
Quelques versets plus loin, il écrit : « Que toute amertume, toute fureur, toute colère,
tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu

de vous. Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres ; pardonnez-
vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ. Soyez donc les

imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l’amour
en suivant l’exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s’est donné lui-même pour
nous comme une offrande et un sacrifice dont l’odeur est agréable à Dieu »
(Ephésiens 4 :31–5 :2).
Méditez ces paroles et mettez-les en pratique.
Quand vous avez du mal à pardonner quelqu’un (c’est-à-dire restaurer), prenez le
temps de réfléchir à comment Dieu pourrait être en train d’utiliser cette offense pour le
bien. Est-ce une occasion inhabituelle de glorifier Dieu ? Comment pouvez-vous servir
les autres et les aider à grandir dans leur foi ? Lesquels de vos péchés et de vos
faiblesses sont exposés dans cette situation ? Quelles qualités êtes-vous appelé à
exercer ? Lorsque vous parviendrez à voir que la personne qui vous a fait du tort est
un instrument que Dieu utilise afin de vous aider à mûrir, à servir les autres et à Le
glorifier, il vous sera peut-être plus facile d’avancer sur le chemin du pardon.
Pardonner, est-ce oublier ?
Peut-on pardonner à quelqu’un qui ne vous demande pas pardon, qui ne reconnaît
pas l’offense ? C’est une question sur laquelle beaucoup butent…
Peut-on pardonner à quelqu’un qui ne vous demande pas pardon, qui ne reconnaît
pas l’offense ? C’est une question sur laquelle beaucoup butent…
Beaucoup considèrent l’exigence chrétienne du pardon comme une forme de
gentillesse un peu mièvre, voire même comme une forme de lâcheté.
Pourquoi dire que le pardon, en réalité, libère ?
Il y a plusieurs degrés dans le pardon.
Pardonner quelqu’un qui vous a marché sur les pieds n’est pas très difficile.
Nous parlons plutôt du pardon envers quelqu’un qui vous a profondément blessé, qui
vous a trahi ou calomnié. Nous avons tous traversé cela un jour.

Spontanément, naturellement, nous réagissons par la vengeance, nous cultivons en
nous un sentiment d’injustice, nous nous persuadons que nous sommes malheureux…
Nous sommes invités à dépasser ce sentiment par le pardon, et ce n’est pas une mince
affaire et cela n’a rien de mièvre !
Nietzsche disait que les chrétiens pardonnent parce qu’ils n’ont pas le courage de se
venger.
Mais le pardon n’est pas en deçà de la vengeance, il est au-delà de la vengeance. Je
pardonne parce que je crois que le pardon porte plus de vie et d’espérance que la
vengeance. Si je ne pardonne pas, je reste prisonnier de l’offense.
À ce sujet, j’ai beaucoup reçu du livre de Desmond Tutu, l’archevêque anglican
d’Afrique du Sud, qui a lutté pour tourner la page de l’apartheid en Afrique du Sud. Il a
écrit Il n’y a pas d’avenir sans pardon (Albin Michel), pour dire que son pays ne pourra
pas avancer si les deux communautés qui le composent ne dépassent pas la blessure
extrêmement profonde que l’une a infligée à l’autre. Il y décrit un dessin où l’on voit
deux soldats devant un monument aux morts. L’un demande à l’autre : “As-tu pardonné
à ceux qui t’ont fait prisonnier ?” L’autre répond : “Non, jamais”. Et le premier lui dit :
“Alors, tu es toujours prisonnier”. Si l’on ne pardonne pas, on reste prisonnier de celui
qui vous a offensé.
Refuser de pardonner à quelqu’un, c’est faire preuve de ressentiment, d’amertume et
de colère, des émotions incompatibles avec la vie chrétienne.
Dans Matthieu 6.12, nous demandons à Dieu de nous pardonner nos offenses comme
nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Jésus dit dans Matthieu 6.14-15 : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre
Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,
votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. »
D’autres passages bibliques relatifs au pardon de Dieu montrent que la meilleure
interprétation de Matthieu 6.14-15 est que ceux qui refusent de pardonner aux autres
n’ont pas réellement fait l’expérience du pardon de Dieu.

Tout comme Dieu nous accorde un pardon que nous ne méritons pas et ne pouvons
mériter, nous devons de bon cœur offrir ce même don inestimable aux autres.
Pardonner signifie « renoncer à toute prétention à punir ou à sanctionner une
offense »
.
Aucune condition ne peut être imposée, sinon le pardon cesse d’être un pardon.
Le pardon est un don qui n’attend rien en retour.
Il libère celui qui l’offre et enrichit celui le reçoit.
Il n’a besoin ni d’être demandé ni d’être accepté.
Ce n’est ni la justice qui ne répare ni même l’excuse qui oublie.
C’est une rémission discrète et silencieuse qui vient du cœur de l’offensé, apaise
les cicatrices du passé et renforce l’humanité qui nous rassemble. Pour vivre en
paix, il faut savoir pardonner, accepter les faiblesses de l’autre pour supporter
ses propres imperfections. »
Le pardon et la prière ne peuvent pas être séparés, car celui qui pardonne c’est
celui qui est en communion avec Dieu.
Pardonner c’est se libérer de liens négatifs, c’est un effet double pour nous-même et
pour la personne à qui nous pardonnons.

Pardonner c’est se protéger contre les personnes qui n’arrêtent pas d’avoir de
mauvaises attentions et de mauvaises pensées.
Parfois, un simple pardon ne suffit pas, il faut discuter avec la personne voire lui écrire
pour ne plus être importuner et être totalement protégé par le seigneur
.
La personne qui continue à vous envoyer de mauvaises pensées malgré votre

pardon, se retrouve impactée sauf si elle se tourne vers le Seigneur Jésus-
Christ.

Nous avons souvent des difficultés à pardonner par rapport à notre propre souffrance
intérieure qui est souvent non réglée depuis notre enfance.
A titre d’exemple la colère est liée dans notre enfance à l’abandon, le manque de
reconnaissance, le manque d’amour, la frustration, et autres.
Amen
Merci de votre attention